Guido Pintacuda, directeur du site Infranalytics RMN de Lyon a reçu, le 15 avril 2026, le prix Günther Laukien, une des récompenses les plus prestigieuses en résonance magnétique nucléaire. Partagé avec Ago Samoson, le prix Günther Laukien a récompensé cette année les avancées technologiques et scientifiques dans le domaine de la RMN sous rotation rapide à l’angle magique (MAS).

 

Guido Pintacuda est directeur de recherche au CNRS et directeur du Centre de RMN à haut champ de Lyon (CRMN). Diplômé en chimie de la Scuola Normale Superiore de Pise, il y a obtenu son doctorat en 2002 sous la direction des professeurs Piero Salvadori et Lorenzo Di Bari, dans le cadre de travaux sur le dichroïsme circulaire et les propriétés RMN des complexes chiraux de lanthanides.

Il a mené des recherches postdoctorales avec Gottfried Otting à l'Institut Karolinska de Stockholm et à l'Université nationale australienne de Canberra, où il a développé des stratégies de marquage paramagnétique pour la détermination de la structure des protéines. Ses travaux ont contribué au développement de méthodes quantitatives pour mesurer, interpréter et exploiter les effets paramagnétiques dans les protéines, notamment des stratégies visant à introduire des marqueurs paramagnétiques dans des biomolécules par ailleurs diamagnétiques, de manière contrôlée et informative sur le plan structurel. Ces approches ont permis d’établir la RMN paramagnétique comme un outil puissant pour extraire des contraintes structurelles à longue portée et étudier les équilibres conformationnels biomoléculaires.

Un contrat postdoctoral auprès de Lyndon Emsley à l'ENS Lyon a marqué son passage à la RMN en phase solide et le début de sa carrière de chercheur indépendant au CNRS, au sein de l'environnement particulièrement stimulant du CRMN à Lyon. Au cours des deux dernières décennies, le CRMN a réuni un groupe exceptionnel de scientifiques travaillant collectivement à la pointe de la RMN à haut champ, créant ainsi un écosystème où l'innovation méthodologique, le développement d'instruments et des applications ambitieuses ont progressé en parallèle.

Au sein de ce cadre dynamique et collaboratif, Guido a joué un rôle central dans le développement des techniques MAS à champs magnétiques élevés, grâce à la mise au point de protocoles de RMN en phase solide avec détection 1H pour les solides biomoléculaires. Ces approches (combinant la MAS ultra-rapide, la détection de protons à des champs magnétiques très élevés, des stratégies optimisées de transfert de cohérence et un contrôle avancé de la dynamique de spin) comprenaient des méthodes permettant d’accélérer l’attribution des résonances, d’étendre la taille et la complexité des cibles accessibles, et d’extraire des paramètres structurels et dynamiques quantitatifs dans des protéines microcristallines, des fibrilles amyloïdes et des protéines membranaires dans des conditions proches de l’état natif.

Parallèlement, ses travaux se sont également étendus à la caractérisation des catalyseurs, des métalloenzymes et des matériaux fonctionnels, démontrant ainsi la polyvalence des méthodologies développées et leur impact au-delà de la biologie structurale. Dans ces domaines, il a contribué à l'élaboration de stratégies visant à améliorer la résolution spectrale des échantillons paramagnétiques, à la mise au point de méthodes de RMN à l'état solide à large bande basées sur des irradiations adiabatiques, ainsi qu'à l'élargissement du concept d'adiabaticité en RMN à l'état solide (MAS).

En collaboration avec des partenaires de Lyon, il a contribué à la mise en place d’un programme de recherche dynamique et reconnu à l’échelle internationale, en encadrant de nombreux doctorants et post-doctorants, dont beaucoup occupent aujourd’hui des postes de premier plan dans le milieu universitaire ou industriel. Cet effort collectif de longue haleine a permis de positionner la MAS ultra-rapide comme une technologie phare de la RMN en état solide contemporaine.

article guido bf0c2