Je suis directeur de la recherche chez Miyoshi, leader mondial dans le domaine du traitement de surface des pigments cosmétiques. Cette technologie consiste à appliquer des molécules hydrophobes sur les pigments afin d’améliorer leur résistance à l’eau et leur toucher. Parmi ces molécules, les polymères synthétiques représentent une part importante, soulevant des questions réglementaires dans le cadre des restrictions européennes sur les microplastiques.
Ces régulations ciblent principalement les particules plastiques solides. Or, nos agents de traitement sont présents à l’état monomoléculaire à la surface des pigments. Si ces molécules peuvent être considérées comme liquides, elles seraient exclues du champ réglementaire. Il est donc essentiel de démontrer leur fluidité et leur faible interaction avec le support – une tâche complexe en l’absence de méthode analytique établie.
C’est dans ce contexte que j’ai rencontré Infranalytics en 2021 lors du RDV Carnot. Alicia a su comprendre notre problématique et proposer des approches concrètes. Nous avons commencé par étudier deux polymères, le PDMS et le PHMS. Grâce à l’équipe d’Olivier à l’Université de Lille, nous avons montré par RMN que leurs modes de liaison aux pigments diffèrent fortement, l’un présentant une fluidité nettement supérieure malgré une structure moléculaire similaire.
Ces résultats ont été présentés au congrès international IFSCC 2022 à Londres, suscitant un vif intérêt. En 2023, la société japonaise Daito Kasei Kogyo, notre concurrent dans le monde, a rejoint le projet. L’un de leurs chercheurs a effectué un stage d’un mois à l’Université de Lille, ce qui lui a permis de devenir par la suite le référent du projet côté japonais.
Depuis 2024, un doctorant participe au projet, qui se poursuit actuellement. Cette collaboration permet d’approfondir nos recherches, d’enrichir les connaissances sur les mécanismes de liaison et leurs effets fonctionnels, et d’ouvrir la voie à de nouvelles idées pour le développement de produits innovants.
Nous sommes fiers de cette collaboration ouverte entre industriels et chercheurs, et reconnaissants envers Infranalytics pour avoir rendu cette dynamique possible.
